Boule de fort

Bienvenue dans ces lieux empreints de fantaisie, où des "Hommes en pantoufles" jouent avec des boules pas tout à fait rondes, sur un terrain pas tout à fait plat !

Les Sociétés

Même si on en compte moins qu'autrefois (1000 en 1900, il existe encore environ 390 dans le Maine et Loire, la Sarthe, la Vendée, la Loire Atlantique, la Mayenne et le Loiret pour 45 000 à 50 000 sociétaires. Le mot "société" désigne le bâtiment qui accueille un terrain. Mais il désigne également "l'association" régie par la loi de 1901 qui s'en occupe.

Le terrain de jeu

Le « jeu » est le terrain, celui-ci mesure entre 18 et 24 mètres de long pour une largeur de 5 à 6 mètres. Sa particularité est sa forme de gouttière avec des côtés (les rampes) qui remontent légèrement. Il est délimité à ses 2 extrémités par deux madriers posés de champ pour arrêter les boules : " la planche ".

A l'origine à l'extérieur et en terre battue ou goudronné, le jeu est aujourd'hui réalisé en plastique (résidu pétrolier coulés à chaud sur une chape de béton) ou en « Taraflex » revêtement plastifié utilisé pour les courts de tennis. Le jeu est sensible aux variations de chaleur et d’hygrométrie.

Le jeu est constitué de plusieurs zones : la partie réservée aux joueurs qui se situe entre la planche et le premier trait, la partie située entre le deuxième trait et la planche opposée est la zone de jeu (si le boulot dépasse ce trait il est remis au centre du jeu à condition qu’il reste au moins une boule à l’équipe adverse, la dernière zone entre les 2 autres traits est la partie ou l’on place au pied le boulot au début de la mène. Un jeu a une durée de vie d’environs 10 ans et coûte 15 000€ à 20 000€.

La boule

A l'origine, la boule de fort est en "gaillac" de 20cm de diamètre et pèse plus de 6kg.

Sous sa forme actuelle elle est faite en bois de cormier ou de buis et est cerclée de fer sur une idée de Mr PINEAU forgeron à Mazé a partir de 1865. Le premier tourneur de boule de fort est Mr Thiberge d'Angers en 1871. Aujourd'hui, elle est essentiellement constituée de plastique ou de bois exotique (Moabi ou Iroko).

Elle est méplate, ce qui signifie qu'elle n'est pas toute a fait ronde. Elle est en effet légèrement aplatie sur les côtés.

Elle pèse de 1,2 à 1,5 kg pour un diamètre de 12,3 à 12,7 cm et une épaisseur de 10 cm maximum.

Elle présente un léger déséquilibre qui, avant 1940, était obtenu en plaçant sur un de ses côtés (appelé le côté fort de la boule) un petit lest de plomb. Aujourd'hui, ce déséquilibre est obtenu par une vis réglable.


Coût d’une paire de boule, de 200 à 250€.

Le maître (appelé aussi boulot)

Il a la forme d'une petite boule, c’est le cochonnet à la pétanque, était presque toujours en buis en raison de sa solidité aujourd’hui en téflon.

Le but du jeu

L'objectif est de s'approcher au plus près du maître, sorte de gros cochonnet, avec sa boule afin de marquer des points. Les parties se jouent en 10 et la finale en 12 points avec des équipes constituées généralement de 2 à 3 joueurs. Ces derniers utilisent les pentes du jeu (les rampes) et le fort de la boule pour s'approcher du maître, ce qui fait de la boule de fort un vrai jeu d'adresse.

La boule roule tout doucement vers le maître (sauf dans le cas d'un tir) et une partie dure en moyenne de 1 à 2 heures à 2 contre 2 et peut durer plus de 3 heures à 3 contre 3.

Fanny

Dans la boule de fort, il arrive qu'on aille " à Brion ". C'est l'expression consacrée pour qualifier l'équipe n'ayant fait aucun point au court de la partie. "Aller à Brion" c'est en fait "biser un cul" !, celui d'un image gaillarde ou autre disposée dans toutes les sociétés. Pourquoi Brion, village situé au sud du Baugeois ? Parce qu’une légende veut qu'une concierge polissonne y ait, un jour, relevé ses cotillons pour accueillir le bisous des vaincus…

Bauger

Mesurer avec une "bauge" (réglette) ou avec une paille pour voir quelle est la boule la plus proche du maître.

Le vocabulaire

Chier, jouer le cul, raidir, une maille, un bouc, la planche …

Les challenges

Le premier challenge se déroule les 16 et 17 juillet 1905 à Asnieres Bois Colombes à l'initiative du journal "l'Angevin de Paris"

Compétitions organisées soit par les sociétés ou par la fédération, elles peuvent rassembler entre 100 et 700 équipes et durent plusieurs mois par élimination directe comme les tournois de tennis. On compte aujourd’hui environ 200 challenges.